Dès qu'on commence à s'équiper sérieusement en photo sous-marine, la question tombe presque toujours à un moment donné : Marelux ou Nauticam ? Les deux marques se retrouvent régulièrement face à face sur les forums spécialisés, et le débat n'est pas près de s'éteindre. Voici de quoi vous faire une idée claire avant d'investir dans un caisson.
Comparer Marelux et Nauticam, c'est un peu comparer un acteur installé depuis quinze ans et un challenger qui vient de débarquer. Ça change beaucoup de choses, notamment sur l'étendue de la gamme.
Nauticam : Edward Lai monte Nauticam en 2008 à Hong Kong, après deux décennies passées dans la conception de moules d'injection pour l'électronique et l'automobile. Plongeur et photographe lui-même, il applique ce savoir-faire industriel à la fabrication de caissons. Dès 2009, au salon DEMA, Nauticam présente son dôme à balance des blancs, une innovation qui lui vaut un Red Dot Design Award. Depuis, la marque a construit l'écosystème le plus large du marché : compacts, hybrides micro 4/3, APS-C, plein format, cinéma numérique, quasiment aucun boîtier n'échappe à son catalogue.
Marelux : Marelux arrive beaucoup plus tard, en décembre 2021, portée par des photographes sous-marins professionnels et des ingénieurs C'est le premier nouveau fabricant de caissons en aluminium à entrer sur ce marché depuis Nauticam, une décennie plus tôt.
Le choix de Marelux a été de se concentrer uniquement sur les boîtiers hybrides plein format Canon, Sony et OM System, en misant sur des innovations côté ergonomie et éclairage plutôt que sur la largeur du catalogue pur se demarquer.
C'est sans doute le critère qui départage le plus vite les deux marques selon votre appareil photo.
Nauticam et son écosystème quasi complet Chez Nauticam, on trouve des caissons pour à peu près tous les types d'appareils : les petits compacts de poche ( Sony RX100, Olympus TG6/TG7) , les hybrides plus légers (Panasonic GH5, GH7, OM System ), les gros boîtiers professionnels (Sony, Canon ou Nikon) et même certaines caméras de cinéma ( Sony FX6 ou la Blackmagic)
Marelux fait un choix plus tranché : uniquement du plein format de chez Canon, Sony et OM System. Deux modèles ont notamment fait sa réputation : un caisson pour le Canon EOS R5, très demandé par les photographes , et un autre pour le Sony A1, plébiscité par les amateurs de gros animaux marins pour sa rapidité à faire la mise au point. En revanche, Marelux ne propose encore aucune solution pour les appareils plus petits type Panasonic ou certains Olympus, ce qui reste le reproche le plus fréquent qu'on lit à son sujet.
L'absence totale de gamme micro 4/3 reste un point de friction relevé plusieurs fois sur les forums, notamment par les photographes qui utilisent un Panasonic GH5 ou un OM System OM1 et qui n'ont, pour l'instant, aucune solution chez Marelux.
Bonne nouvelle : les deux écosystèmes ne sont pas complètement étanches l'un à l'autre, sans mauvais jeu de mots. On n'est pas obligé de tout racheter en changeant de marque.
Chaque fabricant utilise son propre système pour fixer les objectifs et les hublots sur le caisson. Marelux a toutefois pensé à un petit accessoire, une bague qui s'ajoute au caisson, qui permet de brancher dessus des optiques Nauticam. Concrètement, si vous possédez déjà des objectifs achetés chez Nauticam et que vous voulez passer sur un caisson Marelux, vous n'êtes pas obligé de tout revendre pour repartir de zéro.
Sur ce terrain, les deux marques se tiennent globalement la comparaison, ce qui n'a rien d'un hasard
Sous l'eau, on porte des gants, la visibilité n'est pas toujours parfaite, et on ne peut pas se permettre de chercher un bouton pendant dix minutes. Sur ce point, les deux marques se tiennent globalement la comparaison. Plusieurs utilisateurs de Marelux apprécient des boutons bien placés et faciles à personnaliser selon ses habitudes, un vrai point fort pour une marque aussi jeune. Quelques retours mentionnent malgré tout une petite difficulté sur les tout premiers modèles Marelux, concernant la molette qui permet de basculer entre le mode photo et le mode vidéo, un point que la marque a corrigé sur ses versions plus récentes.
Autre détail pratique côté Marelux : l'ouverture par laquelle on glisse l'appareil dans le caisson est plus large que chez Nauticam. Ça permet de monter l'objectif sur l'appareil avant de le placer dans le caisson, plutôt que de devoir le faire une fois l'appareil déjà en place, ce que plusieurs utilisateurs trouvent plus simple à l'usage.
C'est peut-être là que Marelux joue sa carte la plus originale : plutôt que de se contenter de rattraper Nauticam sur les caissons, la marque a mis le paquet sur l'éclairage.
La gamme de flashs Apollo, avec des versions comme l'Apollo III, se démarque par un détail tout bête mais redoutablement pratique : des joints toriques vert fluo, beaucoup plus faciles à inspecter qu'un joint noir classique quand on cherche un cheveu ou un grain de sable avant la mise à l'eau. Le système Lumilink permet en plus un déclenchement du flash sans câble optique, une option de plus en plus recherchée par les vidéastes et les photographes qui veulent limiter les branchements sous l'eau. Marelux a aussi développé le bras de flottabilité Flexibuoy, pensé pour équilibrer plus facilement un montage caisson et flashs, quel que soit le poids total de la configuration. Ces flashs restent d'ailleurs utilisables sur n'importe quel caisson du marché
Impossible d'ignorer ce sujet, il revient dans quasiment toutes les discussions comparatives. Un fil de forum assez suivi, intitulé sans détour "Nauticam's recent price hikes", résume bien l'ambiance : plusieurs utilisateurs pointent des hausses de tarifs répétées chez Nauticam ces dernières années, en partie liées aux coûts de fabrication et à la position de leader du marché. Marelux, en tant que challenger, se positionne généralement un cran en dessous, entre Aquatica et Nauticam selon plusieurs retours, ce qui en fait une option qui séduit une partie des photographes venus justement à cause de cet écart de prix.
Sur Wetpixel et ScubaBoard, deux références en photo sous-marine, le ton général envers Marelux est plutôt positif pour une marque aussi récente. Plusieurs utilisateurs la décrivent comme comparable à Nauticam en termes de fonctionnalités, avec une mention récurrente pour la personnalisation des boutons. Le principal reproche qui revient reste l'absence de gamme micro 4/3, un choix assumé par la marque mais qui ferme la porte à une partie des photographes. Nauticam, de son côté, continue de rassembler un très large consensus sur la qualité de fabrication et la rapidité à sortir un caisson dès qu'un nouveau boîtier photo est annoncé, ce qui reste un argument difficile à égaler pour n'importe quel concurrent, Marelux compris.
Si vous utilisez un petit appareil hybride type Panasonic ou certains modèles Olympus, la question ne se pose pas vraiment : seul Nauticam propose un caisson adapté aujourd'hui. Si vous partez d'un boîtier plus récent chez Canon, Sony ou OM System et que vous démarrez de zéro, Marelux mérite clairement d'être regardé de près, surtout si le budget compte et que l'éclairage sous-marin vous intéresse aussi.
Et si vous avez déjà des objectifs achetés chez Nauticam, la bague d'adaptation Marelux vous permet de changer de caisson sans repartir de zéro.
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